Mardi 20 mars 2012
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Le Centre de soins de l’Association Primo Levi
pour le soin et le soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique
En 1994, certaines soignantes de l’AVRE – qui fut le premier centre de soins pour les victimes de la torture en France – dont l’une était membre de la
Commission médicale de la section française d’Amnesty International (AIF) décidèrent de créer un nouveau centre, plus conforme à leurs exigences. Regroupées au sein d’une
association crée à cet effet, TREVE, elles demandèrent à Amnesty International, ainsi qu’à l’Action des Chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) et à Médecins du Monde de les rejoindre
pour constituer le conseil d’administration de l’Association Primo Lévi, qui fut donc créée en 1995.
Face aux traumatismes multiples des personnes reçues au centre de soins,face à l’absence criante de prises en charge adaptées sur le
territoire national et à l’accroissement considérable des demandes, l’association a très vite fait le choix de témoigner et de s’engager politiquement pour dénoncer le dysfonctionnement des instances
chargées de statuer sur les demandes d’asile.
En 1997, l’Association crée la revue « Mémoires » afin que ses cliniciens et d’autres professionnels travaillant au contact des demandeurs
d’asile, puissent témoigner, à travers des écrits sur leur pratique clinique, des effets de la torture.
Constatant l’importance des décisions des instances européennes en matière d’immigration et d’asile, l’Association Primo Lévi, avec le Xénion à Berlin et la Médical Foundation de Londres, a contribué à la mise
en place d’un réseau de centres de soins à l’échelle européenne. Ce réseau se réunit annuellement, afin, entre autre de défendre le droit d’asile, de demander des soins
appropriés pour les victimes de la torture et de maintenir les financements européens destinés aux centres.
Aujourd’hui, la situation est inacceptable :
Les personnes qui ont subi la torture et qui vivent en France se comptent par milliers et, parmi elles, de trop nombreux mineurs isolés, l’impact
trans-générationnel des effets de la torture est ignoré, les subventions publiques pour la prise en charge de ces exilés en très grande souffrance, se réduisent. Les pouvoirs publics qui ne savent pas comment accueillir ces
personnes ou plutôt qui ne veulent plus les accueillir de façon digne, conformément aux textes internationaux qu’ils ont signés.
Tout le monde est perdant, les victimes, leurs proches, les professionnels qui ne peuvent plus faire correctement leur travail.
Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 dit
Article 5 : « Nul se sera jamais soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants »
Articles : « Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en
d’autres pays
Ces deux articles nous interpellent ! Chaque jour, nous sommes confrontés, de notre place de soignants, aux effets des violations flagrantes et éhontées
de ces deux principes.
« Cet engagement est en direction d’un autre, si
différent de moi – qui est dans une situation tellement éloignée de ce que je vis, qui parle une langue que je ne comprends pas – mais un autre
tellement semblable à moi, qui rappelle des moment historiques pas si éloignés ( l’errance des juifs avant, pendant et après la Seconde Guerre Mondiale, à la recherche d’un pays qui oserait les
accueillir et les protéger ; « les boat people » qui tanguaient sur les mers dans l’espoir d’être secourus, accueillis).
En effet, nous sommes sommés de répondre : que faisons-nous, ici et maintenant, pour « les damnés de la terre »
d’aujourd’hui ? Comment faire pour que les bourreaux n’aient pas le dernier mot, pour qu’une vie soit possible
après la torture.
Un engagement au long cours du Centre de soins, porté par la conviction que l’on peut contribuer à changer quelque chose. Dénoncer, témoigner,
agir en direction d’un public qui ignore ces réalités, en direction des bailleurs
et décideurs politiques, afin qu’ils changent leur regard sur des personnes et acceptent de consacrer les moyens nécessaires à un accueil digne et à des soins adaptés.
Eléonore
Morel
Sibel Agrali
Directrice générale de l’Association Primo Levi Directrice du Centre de soins Primo Levi
Association Primo Levi
107 avenue Parmentier,
75011 Paris
Téléphone : 01 43 14 88 50
Courriel : primolevi@primolevi.org
Site : www.primolevi.org
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